Que devient la tendresse quand on se sert, nus, dans les bras ?
« Ça commence toujours de la même façon, une ligne de fuite poussiéreuse dévorée par un soleil accablant. Le chemin de la Perspective est un escalier de 1 000 marches, ou 10 000 peut-être, tu ne comptes plus. Tu l’affrontes la première fois comme un défi, le jean collé aux cuisses et le dos suintant sous un sac lesté de tissus inutiles. La clé est sous le cactus mais c’est ouvert ; mets-toi nu et rejoins-nous pour profiter de la douceur de la Galère ; sois sur la terrasse pour le couchant. Ensuite on s’habillera et on ira dîner en remontant les rues noires puis, si on enchaîne les verres dans la Pomme, si la boîte nous retient jusqu’au petit matin, nous irons lire la poésie du lever de soleil au-dessus du champ de tir. Tu verras, tout est évident.
A première vue, rien n’a de sens ici. Ni cet escalier qui semble monter vers l’enfer, ni les amis en tenue d’Adam. Puis tu redescends la Perspective, vois l’horizon, et tout rentre dans l’ordre, même si tu n’avais jamais imaginé que ça pouvait être celui-là.
Les questions arrivent plus tard, avec la même absurdité. Comment retenir la liberté sur pellicule ? Que faire de la pudeur d’une foule qui ne se déshabille que parce qu’elle sait que personne ne regarde ? Comment dessiner la douceur dans le blanc écrasant de la Méditerranée ? Qui a oublié son short après dîner ? Pour y répondre, il faut faire comme avec les vêtements, les appréhensions, les inhibitions : tout rouler en boule au fond du sac. Regarder, partager, déclencher, et laisser faire les garçons du Levant. » – extrait de l’édito
Après une première édition auto-imprimée (150 exemples numérotés + 100 exemplaires non numérotés lors d’un second tirage), Les garçons du Levant ont été repérés par Nicolas Huet Greub, à la tête de l’agence de photographie et de la maison d’édition 37.2.
Accompagnés par l’agence graphique We-We, nous avons conçu un nouveau livre qui se vit comme une journée levantine, de la première plage au lever de soleil suivant, à déshabiller sur une centaine d’images. Une promenade conçue durant quatre étés sur cette île naturiste aride et magique de la Méditerranée avec l’ambition de poser un oeil désexualisé, à la fois frontal et pudique, sur cette bande de garçons en liberté.
Un premier tirage de 300 exemplaires, rapidement épuisé, a été suivi d’un second de 200.
Il a été l’objet de plusieurs évènements, dont une signature à la librairie Actes Sud des Rencontres photographiques d’Arles, un lancement à Marseille (L’Hydre aux mille têtes) et Paris (Galerie Miranda), et plusieurs happenings au Levant. Vendu dans une sélection de lieux emblématiques de la photographie tels que la Maison européenne de la photographie, la librairie 7L, la Villa Noailles ou encore le Jeu de Paume.
Les garçons du Levant, de Mathias Chaillot, édito de Jean-Pierre Blanc, poésie de Florian Bardou, conçu par l’agence We-We, éditions 37.2, 164 p., 39 €, sold out.















